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SASU vs micro-entreprise en 2026 : quel statut choisir quand on est freelance ?

Charges, protection sociale, fiscalité, TVA, crédibilité, simplicité : comparatif clair entre SASU et micro-entreprise pour freelances.

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SASU vs micro-entreprise en 2026 : quel statut choisir quand on est freelance ?

Quand on se lance en freelance, deux statuts reviennent souvent : micro-entreprise et SASU.

Le choix est important, parce qu’il influence :

  • les formalités de création ;
  • les cotisations sociales ;
  • la fiscalité ;
  • la protection sociale ;
  • la gestion comptable ;
  • la manière de se rémunérer ;
  • la perception par certains clients.

Il n’existe pas de meilleur statut universel. Il existe un statut plus adapté à votre situation.

Résumé rapide

SituationStatut souvent adapté
Tester une activitéMicro-entreprise
Démarrer simplementMicro-entreprise
Peu de frais professionnelsMicro-entreprise
Beaucoup de fraisSASU ou régime réel
Volonté de se verser un salaireSASU
Besoin d’une structure sociétaireSASU
Recherche de simplicité maximaleMicro-entreprise
Activité qui dépasse les plafonds microSASU ou autre société

Micro-entreprise : le statut simple pour démarrer

La micro-entreprise est une entreprise individuelle avec un régime social et fiscal simplifié.

Service-Public rappelle que la micro-entreprise permet d’exercer en nom propre, sans créer de société, avec des formalités plus simples qu’une société.

Avantages

  • création rapide ;
  • pas de statuts à rédiger ;
  • pas de capital social ;
  • comptabilité allégée ;
  • cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires encaissé ;
  • paiement mensuel ou trimestriel ;
  • bonne lisibilité au démarrage.

Inconvénients

  • plafonds de chiffre d’affaires ;
  • impossibilité de déduire les frais réels dans le régime micro ;
  • cotisations calculées sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice ;
  • TVA à surveiller ;
  • image parfois moins structurée auprès de certains grands comptes ;
  • pas de vraie séparation juridique comme une société.

Depuis la réforme de l’entreprise individuelle, le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel de l’entrepreneur individuel sont séparés automatiquement, mais la micro-entreprise reste attachée à la personne de l’entrepreneur.

SASU : une société unipersonnelle

La SASU est une société par actions simplifiée unipersonnelle.

Contrairement à la micro-entreprise, elle crée une personne morale distincte.

Elle implique :

  • des statuts ;
  • un capital social ;
  • une immatriculation de société ;
  • une comptabilité plus complète ;
  • souvent un expert-comptable ;
  • des décisions formalisées.

Avantages

  • structure plus robuste ;
  • meilleure séparation entre personne physique et société ;
  • possibilité de déduire les frais professionnels ;
  • possibilité de se rémunérer en salaire ;
  • possibilité de dividendes ;
  • image parfois plus crédible auprès de certains clients ;
  • adaptée à une activité qui se développe.

Inconvénients

  • création plus complexe ;
  • comptabilité plus lourde ;
  • coût de gestion plus élevé ;
  • charges sociales élevées sur la rémunération du président ;
  • pas de cotisations chômage obligatoires pour le président ;
  • intérêt limité si l’activité est petite ou irrégulière.

Cotisations sociales : grande différence

En micro-entreprise

Vous payez des cotisations sociales selon un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé.

En 2026, les taux principaux sont notamment :

ActivitéTaux de cotisations sociales
Vente de marchandises12,3 %
Prestations de services BIC21,2 %
BNC hors Cipav25,6 %
BNC Cipav23,2 %

La contribution à la formation professionnelle s’ajoute séparément.

En SASU

Le président de SASU rémunéré est assimilé salarié.

Service-Public précise que les cotisations du président de SASU sont similaires à celles d’un salarié cadre, sauf assurance chômage.

Cela donne une meilleure protection sociale qu’un indépendant classique sur certains aspects, mais avec un coût plus élevé.

Point important : si le président de SASU ne se verse pas de rémunération, il ne paie pas de cotisations sociales sur salaire, mais il ne crée pas non plus de droits sociaux liés à cette rémunération.

Fiscalité : micro vs SASU

Micro-entreprise

En micro-entreprise, le chiffre d’affaires est déclaré à l’impôt sur le revenu, avec un abattement forfaitaire selon l’activité.

Vous pouvez aussi, sous conditions, opter pour le versement libératoire.

La comptabilité est simplifiée, mais vous ne déduisez pas vos frais réels.

SASU

La SASU est en principe soumise à l’impôt sur les sociétés, avec possibilité temporaire d’option pour l’impôt sur le revenu sous conditions.

Le président peut percevoir :

  • une rémunération de mandat social ;
  • des dividendes s’il est associé unique ;
  • éventuellement des remboursements de frais.

Service-Public indique que les dividendes de SASU sont imposés par défaut au prélèvement forfaitaire unique, avec possibilité d’option pour le barème de l’impôt sur le revenu.

Attention : se rémunérer seulement en dividendes peut sembler attractif, mais cela ne crée pas de protection sociale.

TVA : ne choisissez pas seulement selon ce critère

Un micro-entrepreneur peut bénéficier de la franchise en base de TVA s’il respecte les seuils.

En 2026, pour les prestations de services et activités libérales, les seuils de franchise sont :

SeuilMontant
Seuil de base37 500 €
Seuil majoré41 250 €

Pour les ventes de marchandises et activités d’hébergement :

SeuilMontant
Seuil de base85 000 €
Seuil majoré93 500 €

Mais la SASU peut aussi être en franchise en base de TVA si elle respecte les conditions. La TVA n’est donc pas une différence automatique entre micro et SASU.

Frais professionnels : un critère majeur

C’est souvent le critère le plus concret.

Micro-entreprise

Vous ne déduisez pas vos frais réels.

Si vous avez peu de frais, ce n’est pas forcément un problème.

Exemples :

  • ordinateur déjà acheté ;
  • peu de déplacements ;
  • peu de sous-traitance ;
  • outils SaaS limités.

SASU

Vous pouvez déduire les charges professionnelles réelles :

  • matériel ;
  • logiciels ;
  • déplacements ;
  • repas professionnels ;
  • comptabilité ;
  • assurance ;
  • sous-traitance ;
  • formation ;
  • coworking.

Si vos frais sont élevés, la SASU peut devenir plus pertinente.

Exemple simple

Cas 1 : freelance avec peu de frais

Vous facturez 50 000 € par an et avez 2 000 € de frais.

La micro-entreprise peut être très efficace : peu de gestion, bonne lisibilité, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires.

Cas 2 : freelance avec beaucoup de frais

Vous facturez 100 000 € par an, avec 25 000 € de frais, sous-traitance et outils.

La micro-entreprise devient moins adaptée : vous ne pouvez pas déduire vos frais réels et vous risquez de dépasser les plafonds.

Une SASU ou une autre structure peut être plus cohérente.

Critères de décision

Posez-vous ces questions :

  1. Est-ce que je veux tester ou construire une activité durable ?
  2. Combien vais-je facturer par an ?
  3. Ai-je beaucoup de frais ?
  4. Est-ce que je veux me verser un salaire ?
  5. Ai-je besoin d’une image plus structurée ?
  6. Est-ce que mes clients imposent un type de structure ?
  7. Ai-je besoin d’un expert-comptable ?
  8. Est-ce que je veux optimiser ma rémunération avec un conseil professionnel ?

Les erreurs fréquentes

Choisir la SASU trop tôt

Créer une SASU dès le départ peut être inutilement coûteux si vous n’avez pas encore validé votre activité.

Rester en micro trop longtemps

La micro-entreprise est très pratique, mais peut devenir limitante si votre chiffre d’affaires augmente ou si vos frais deviennent importants.

Comparer uniquement les charges

Le bon statut ne dépend pas seulement du taux de cotisations.

Il faut aussi regarder :

  • protection sociale ;
  • impôt ;
  • frais ;
  • simplicité ;
  • crédibilité ;
  • évolutivité.

Se rémunérer uniquement en dividendes sans comprendre les conséquences

En SASU, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales comme un salaire, mais ils ne créent pas de droits sociaux liés à une rémunération.

Le choix recommandé

Pour beaucoup de freelances :

  • micro-entreprise pour démarrer, tester et rester simple ;
  • SASU quand l’activité devient stable, plus rentable, plus structurée ou avec plus de frais.

Mais ce n’est pas automatique.

Un consultant très bien payé avec peu de frais peut rester en micro tant qu’il respecte les plafonds. Un freelance avec beaucoup de charges peut avoir intérêt à sortir plus vite du régime micro.

Comment Rysi peut aider

Quel que soit le statut, le besoin opérationnel reste le même :

  • suivre ses missions ;
  • retrouver ses contrats ;
  • préparer ses feuilles de temps ;
  • anticiper les échéances ;
  • centraliser les documents ;
  • suivre ses clients.

Rysi ne choisit pas votre statut à votre place. Il vous aide à mieux piloter votre activité au quotidien.

Conclusion

La micro-entreprise est souvent le meilleur choix pour commencer simplement.

La SASU devient intéressante quand votre activité se structure, que vos frais augmentent, que vous voulez une société ou que votre stratégie de rémunération devient plus complexe.

Le bon choix doit être fait avec vos chiffres réels, pas avec des idées générales.

Avant de décider, simulez plusieurs scénarios et, si les montants deviennent importants, demandez conseil à un expert-comptable.

Sources officielles

Quand passer de la micro-entreprise à la SASU ?

Il n'existe pas de seuil automatique. Mais certains signaux indiquent que le moment est peut-être venu.

Signaux qui suggèrent de rester en micro :

  • vous testez votre activité ;
  • votre chiffre d'affaires est inférieur à 50 000 € ;
  • vous avez peu de frais professionnels ;
  • votre activité est irrégulière.

Signaux qui suggèrent de passer en SASU :

  • votre chiffre d'affaires approche ou dépasse les plafonds micro ;
  • vous avez des frais importants non déductibles en micro ;
  • vos clients demandent une structure plus formelle ;
  • vous voulez vous verser un salaire et optimiser votre rémunération ;
  • vous envisagez d'associer quelqu'un ou de lever des fonds.

Ce que le passage implique :

  • création d'une société (statuts, capital, immatriculation) ;
  • comptabilité complète (bilan, compte de résultat, déclaration IS) ;
  • souvent un expert-comptable ;
  • gestion de la rémunération du président ;
  • fermeture de la micro-entreprise en parallèle.

Le bon moment est souvent en début d'exercice fiscal, pour simplifier la transition comptable.

Simulation chiffrée : 80 000 € de CA annuel

Comparaison entre les deux statuts sur la base d'un chiffre d'affaires de 80 000 € (prestations de services intellectuels), avec 5 000 € de frais professionnels.

En micro-entreprise (BNC hors Cipav)

CA :                                  80 000 €
Cotisations sociales (25,6 %) :       20 480 €
CFP (0,2 %) :                            160 €
─────────────────────────────────────────────
CA après Urssaf :                     59 360 €

Base imposable IR (après abattement 34 %) : 39 178 €
Impôt estimé (situation seule) :     6 000 – 8 000 €
─────────────────────────────────────────────
Revenu net estimé :               ~51 000 – 53 000 €

En SASU (rémunération de 50 000 € brut)

CA de la SASU :                       80 000 €
Frais professionnels déduits :         5 000 €
Rémunération présidente (brut) :      50 000 €
Charges patronales (~45 %) :          22 500 €
─────────────────────────────────────────────
Résultat imposable IS :                2 500 €
IS (15 %) :                              375 €
─────────────────────────────────────────────
Salaire net reçu (après charges ~23 %) : ~38 500 €
Impôt sur le revenu estimé :         4 000 – 6 000 €
─────────────────────────────────────────────
Revenu net estimé :               ~32 000 – 34 000 €

Ces simulations sont simplifiées. La SASU peut devenir plus avantageuse quand le CA est plus élevé, quand les frais sont importants ou via la distribution de dividendes. Consultez un expert-comptable pour une simulation précise selon votre situation.

FAQ : SASU ou micro-entreprise ?

Peut-on passer de la micro-entreprise à la SASU en cours d'activité ?

Oui. Vous pouvez créer une SASU et fermer votre micro-entreprise. Il est conseillé de le faire en début ou fin d'exercice pour simplifier les démarches et limiter les problèmes de TVA.

La micro-entreprise donne-t-elle accès à la formation professionnelle ?

Oui, via la Contribution à la Formation Professionnelle (CFP) versée chaque année. Les droits sont proportionnels à cette contribution et permettent de financer des formations via votre OPCO.

Un président de SASU peut-il bénéficier de l'assurance chômage ?

Non, en règle générale. Le président de SASU est assimilé salarié mais n'est pas affilié au régime d'assurance chômage obligatoire. Certains contrats de prévoyance privés peuvent partiellement couvrir ce risque.

La micro-entreprise est-elle crédible pour des missions grand compte ?

Pour la plupart des missions, oui. Certains grands comptes ou administrations préfèrent travailler avec une société pour des raisons de conformité achat. Dans ce cas, le portage salarial ou la SASU peut aider.

Faut-il obligatoirement un expert-comptable en SASU ?

Non légalement, mais fortement recommandé. La SASU implique une comptabilité complète, des bilans annuels, des déclarations IS, une gestion de la rémunération et des dividendes. Les erreurs peuvent être coûteuses.

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